Métiers des Arts

Les métiers des arts et de la culture : singulières professions ?

Si les arts sont la science du futur, les étudiants ne doivent avoir aucun doute sur les possibilités d'y faire carrière. Depuis ses origines l'homme est attiré par l'art et il en sera toujours de même.

Alors que risquent donc les jeunes à se laisser porter par leurs désirs, se préparer à ces métiers de la culture et des arts qui les font si souvent rêver et qu'ils imaginent à tort inaccessibles, ou offrant trop peu de ces fameux "débouchés" ? Erreur ! Le monde change. La culture y occupe désormais une place de plus en plus importante et offre des repères essentiels à nos sociétés désemparées. N'est-ce pas la seule à permettre tout ensemble de se divertir, d'apprendre et de rêver ?

Mais à condition d'en avoir la vocation chevillée à l'âme, l'humilité, et la passion du travail, il n'est pas si compliqué, après tout, de devenir plasticien, cinéaste d'animation, designer d'objet, de mode, d'architecture d'intérieur ou de jeu vidéo, dessinateur de BD, ou expert de la communication visuelle...

Une solide culture générale, des études exigeantes : devenir artiste, c'est du travail. Le temps de la bohème est bien révolu...

Malgré des débouchés aléatoires - pour la plupart en freelance -, l'art est un secteur qui attire de plus en plus de jeunes, désireux de devenir peintres, sculpteurs, concepteurs de jeux vidéo, auteurs de bandes dessinées ou encore architectes d'intérieur...

Contrairement à certaines idées reçues, les études artistiques ne sont pas faciles ou réservées à des dilettantes réfractaires aux contraintes. Très sélective, cette filière est exigeante : les heures de cours sont nombreuses, une dose généreuse de travail personnel est demandée, et une curiosité constante est nécessaire. Pour être acceptés dans les écoles d'arts plastiques ou appliqués, les candidats doivent faire preuve d'une motivation à toute épreuve et d'une solide culture générale - écumer les musées est un plus, tout comme la pratique régulière d'un art. Et si elle n'est pas obligatoire, la classe préparatoire aide à passer les concours.

Depuis quelques années les nouvelles technologies bouleversent le travail des designers, les obligeant à créer des objets beaux et intelligents. Demain une révolution tout aussi importante les attend avec la nécessité d'intégrer le développement durable dans leurs pratiques. Les produits doivent déjà intégrer plus de high-tech et plus d'écologie low-tech (Technologie simple, économique et en général écologique) dans tous leurs aspects : leur mode de production, leur durée de vie, leur consommation... De plus, alors que le design était jusqu'à présent lié de manière quasi exclusive au marketing, les emplois se créent de plus en plus au sein de services de recherche et développement ainsi qu'au sein de services en charge de l'élaboration des stratégies et de PME.

Les valeurs seront également différentes de celles prônées aujourd'hui : l'éthique, par exemple, sera une valeur essentielle dans tous les métiers des arts.

Le design interactif va également se développer. Les objets deviendront de plus en plus intelligents. Ils communiqueront avec l'homme et aussi entre eux. Le designer devra imaginer non seulement le produit, mais aussi le scénario d'usage et, de plus en plus souvent, tout le système qui entoure l'objet. L'interactif va s'infiltrer partout, même dans le packaging.

Le design va poursuivre son invasion du Web. Mais la nouveauté est qu'il faudra remodeler le point de vente physique pour qu'il soit en lien avec le point de vente virtuel, et ainsi l'adapter aux nouveaux modes de consommation.

Toutes ces évolutions doperont les opportunités de carrière pour ceux qui auront une formation supérieure et la capacité d'intégrer les évolutions de leur métier. Et il ne faudra plus mettre de frontières à sa trajectoire professionnelle : le marché des métiers des arts est mondial.

L'enseignement supérieur dans les arts

On ne devient pas designer en designant. Effectuer des études longues permet d'être préparé à des situations différentes et un designer doit d'abord être capable de s'adapter à divers univers.

Le dossier artistique, un sésame nécessaire

Elément essentiel du recrutement, le dossier artistique, ou book, est régulièrement réclamé par les écoles. De format souvent imposé par l'établissement, il comporte plusieurs dessins (d'objets, de modèles vivants, ou de paysages...). On peut lui adjoindre de carnets de croquis, prises de notes, dessins 3D ou maquettes de jeu vidéo.

Souvent accompagné d'une lettre de motivation - qui explique le projet professionnel du candidat et les raisons de son choix d'école -, ce dossier est censé exprimer une individualité, un caractère, et des ébauches de partis pris artistiques.

Le projet de fin d'études

Il est l'aboutissement de la plupart des cursus pédagogiques. Le projet de fin d'études permet à l'étudiant de se placer en situation quasi professionnelle, en travaillant sur une mission précise : la création d'une oeuvre d'art, la conception d'une interface graphique ou la réalisation d'un jeu vidéo... Présenté devant un jury de professionnels, il permet de montrer l'autonomie, la méthodologie, la créativité et le savoir-faire de l'élève, et sert de tremplin vers la vie professionnelle.

Pour réussir ses études : de la sensibilité, de la personnalité !

Dans l'enseignement supérieur artistique, la pédagogie est construite à partir de trois options : art, design et communication. Pour y accéder, le processus est similaire où que l'on aille : des épreuves testent les aptitudes artistiques, la créativité, la culture générale et la connaissance d'une langue étrangère, et un entretien permet de déceler les personnalités marquantes et les projets les plus aboutis. Car ce sont de futurs artistes qui sont recherchés, avec une sensibilité affirmée et un discours critique sur leur domaine et / ou la société.

Pour le côté technique

Il est primordial de faire une école supérieure et d'y bénéficier d'une formation interdisciplinaire comme l'exigent les référentiels des diplômes de l'INSHED. Le futur professionnel doit également posséder les dernières techniques du design numérique et maîtriser le concept du design des services marchands et des services publics, de l'écodesign. Mais à la base il faut maîtriser une discipline artistique plastique, le dessin par exemple, ne serait-ce que pour nourrir son book.

Arts appliqués : la forme du fond

Textile ou communication visuelle, Web ou architecture intérieur, le travail des designers est omniprésent. Point commun : la créativité.

Ils recouvrent de multiples activités, qui ont en commun d'explorer les formes des objets, des espaces, des tissus ou des représentations. Les arts appliqués regroupent le design d'espace (architecture intérieure, scénographie), le design de produits, le design textile, ou encore la communication visuelle (graphisme, édition, publicité et Web). On peut s'y former dès le lycée, en optant pour la filière STI arts appliqués. Quelle que soit l'école choisie les qualités demandées sont les mêmes : curiosité, esprit créatif, motivation à toute épreuve, et grande capacité de travail.

Bande dessinée : traits d'esprit

Bien sûr, il faut aimer et savoir dessiner... mais une formation spécialisée reste indispensable.

Secteur dynamique de l'édition, la bande dessinée fait rêver. Le neuvième art exige de savoir raconter en mélangeant texte et dessins, donc de maîtriser les techniques du scénario comme l'illustration (ou bien de travailler en équipe).

"C'est un travail extrêmement solitaire", assure Laureline Mattiussi, auteure de l'Ile au poulailler. "Il est important de s'entourer de gens qui ont envie de faire la même chose pour être stimulé, et de lire beaucoup afin de progresser." Une formation spécialisée permet d'acquérir une technique nécessaire, mais ne garantit pas pour autant la publication. "Je reçois chaque année cinq cents dossiers de débutants, et je ne publie qu'un premier livre sur quarante-cinq ouvrages imprimés", constate un éditeur chez Futuropolis.

Jeux vidéo : toqués du pixel

Une grande variété de métiers, un secteur en pleine expansion.

Il jouit d'une santé formidable, qui l'installe en tête des industries culturelles, devant le cinéma et la musique(1). Le jeu vidéo passionne de nombreux jeunes - et aujourd'hui moins jeunes -, qui ont grandi au gré de ses innovations technologiques, tenant entre leurs mains des consoles toujours plus performantes. En France, plus d'une centaine de studios cultivent un savoir-faire reconnu à l'échelle mondiale, employant une grande variété de professionnels (scénaristes, game designers, directeurs artistiques, graphistes, animateurs, programmeurs...). "Pour travailler dans ce secteur, il ne suffit plus d'être un passionné autodidacte. Il faut être sérieusement formé à des technologies évolutives, et savoirs s'intégrer dans une équipe pluridisciplinaire."

Langue étrangère

La maîtrise de l'anglais répond au caractère mondial du marché : pour cela une partie des cours est dispensée en anglais.

Stages

Il faut faire plusieurs stages de 3 mois au moins pour qu'il y ait un réel impact en termes d'expérience.

Les évolutions technologiques ne laissent plus de place à l'amateurisme, elles exigent aujourd'hui une formation de niveau supérieur, comme le Bachelor (Bac +3) ou le Master (bac +5). Les diplômes SDS de l'INSHED répondent à toutes ces exigences.

(1) En 2008, la marché du jeu vidéo représentait près de 33 milliards d'euros de chiffre d'affaires mondial (source : Syndicat national du jeu vidéo).